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Bouton de rétractation : ce que doit faire un site marchand depuis le 19 juin 2026
Depuis le 19 juin 2026, un professionnel qui vend à distance par une interface en ligne doit offrir au consommateur une fonctionnalité de rétractation, identifiée par les mots « renoncer au contrat ici » ou une formule analogue, accessible pendant tout le délai de rétractation, suivie d’une confirmation et d’un accusé de réception. Le délai de quatorze jours, lui, ne change pas.
Qu’est-ce que le bouton de rétractation ?
C’est une fonctionnalité que le vendeur en ligne doit mettre à la disposition de ses clients pour qu’ils puissent se rétracter en quelques clics. Selon l’article L221-21 du Code de la consommation, « pour les contrats conclus à distance au moyen d’une interface en ligne, le professionnel met à la disposition du consommateur, sans frais pour ce dernier, une fonctionnalité lui permettant d’exercer gratuitement son droit de rétractation avant l’expiration du délai prévu à l’article L. 221-18 ».
Cette règle transpose en droit français la directive (UE) 2023/2673, qui a inscrit dans le droit européen de la consommation une « fonction de rétractation » portant « les mots “renoncer au contrat ici” ou une formule analogue dénuée d’ambiguïté ».
Depuis quand s’applique-t-il ?
Depuis le 19 juin 2026. L’ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026, qui a modifié le Code de la consommation, est entrée en vigueur à cette date, et les modalités sont fixées par le décret n° 2026-3 du même jour. Les contrats en cours au 19 juin 2026 restent régis par les textes dans leur rédaction antérieure.
Que doit permettre la fonctionnalité ?
L’article D221-5 du Code de la consommation en fixe les modalités :
- elle est identifiée, de manière lisible, par les mots « renoncer au contrat ici » ou par une formule analogue dénuée d’ambiguïté ;
- elle est affichée de manière visible, directement et facilement accessible, et disponible pendant toute la durée du délai de rétractation ;
- elle permet d’envoyer une déclaration de rétractation en ligne, avec le nom et le prénom du consommateur, des indications détaillées pour identifier le contrat, et le moyen électronique par lequel il souhaite recevoir l’accusé de réception ;
- la déclaration se soumet par une fonction de confirmation, identifiée par les mots « confirmer la rétractation » ou une formule analogue ;
- le professionnel envoie ensuite, dans un délai raisonnable, un accusé de réception sur un support durable, qui mentionne le contenu de la déclaration, et la date et l’heure de son envoi.
Qui est concerné ?
Tout professionnel qui conclut des contrats à distance avec des consommateurs au moyen d’une interface en ligne, site ou application. La directive précise que l’obligation vise « tous les contrats à distance qui sont soumis au droit de rétractation », et pas seulement les services financiers.
Elle ne joue que là où le droit de rétractation existe. L’article L221-28 en exclut notamment les biens « confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés », les biens « susceptibles de se détériorer ou de se périmer rapidement », et les biens « descellés par le consommateur après la livraison et qui ne peuvent être renvoyés pour des raisons d’hygiène ou de protection de la santé ».
Le délai de rétractation change-t-il ?
Non. Le consommateur dispose toujours de quatorze jours pour se rétracter d’un contrat conclu à distance, sans avoir à motiver sa décision ; pour une vente de biens, le délai court à compter de la réception du bien (article L221-18). Le consommateur peut aussi toujours utiliser le formulaire de rétractation ou toute autre déclaration dénuée d’ambiguïté : la fonctionnalité en ligne s’y ajoute.
Et les produits retournés ?
Une fonction de rétractation plus accessible, c’est aussi un flux de retours à organiser. Une partie des produits retournés ne repart pas en vente comme neuve : emballage ouvert, pièce manquante, produit abîmé. Avec Auctionify, une maison de ventes les vend aux enchères, dans leur état réel : la page retours e-commerce détaille comment.
Pour les vêtements et les chaussures, le règlement européen sur l’écoconception compte les produits retournés dans le délai de rétractation parmi les invendus, dont la destruction est interdite aux grandes entreprises depuis le 19 juillet 2026 : voir le guide loi AGEC et invendus.
Questions fréquentes
Le bouton de rétractation est-il obligatoire ?
Oui, depuis le 19 juin 2026, pour tout contrat conclu à distance avec un consommateur au moyen d’une interface en ligne, dès lors qu’il ouvre droit à la rétractation.
Faut-il écrire exactement « renoncer au contrat ici » ?
Non. Le texte admet « une formule analogue dénuée d’ambiguïté ». La fonction doit être lisible, visible, et directement et facilement accessible.
Le bouton remplace-t-il le formulaire de rétractation ?
Non. Le consommateur peut toujours se rétracter par le formulaire ou par toute autre déclaration dénuée d’ambiguïté. La fonctionnalité en ligne s’ajoute à ces moyens.
Combien de temps doit-il rester disponible ?
Pendant toute la durée du délai de rétractation : quatorze jours à compter de la réception du bien, pour une vente de biens.
Que doit contenir l’accusé de réception ?
Le contenu de la déclaration de rétractation, et la date et l’heure de son envoi. Il est envoyé dans un délai raisonnable, sur papier ou sur un autre support durable.
Les contrats conclus avant le 19 juin 2026 sont-ils concernés ?
Non. Les contrats en cours à cette date restent régis par les textes dans leur rédaction antérieure.
Sources
- Code de la consommation, article L221-21 : l’exercice du droit de rétractation
- Code de la consommation, article D221-5 : la fonctionnalité de rétractation
- Code de la consommation, article L221-18 : le délai de rétractation
- Code de la consommation, article L221-28 : les exceptions au droit de rétractation
- Ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026
- Décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026
- Directive (UE) 2023/2673 : la fonction de rétractation
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